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Magazine en ligne dédié aux mangas, aux animes et aux jeux vidéo

La saga « l’étranger »

Sortie dès 2014 au Japon, la saga de L’Étranger de Kii Kanna est publiée aux éditions IDP Boys Love depuis 2016. La jeune auteure dépeint avec justesse une œuvre tranche de vie dans laquelle le lecteur suit sur plusieurs années la vie de Shun et Mio, de leur première rencontre au moment où ils forment un couple bien établi et accepté par leur entourage familial et amical.

 

 

L’histoire commence avec L’Étranger de la plage dont l’action se situe sur une île d’Okinawa. Shun, jeune écrivain en herbe, voit tous les jours un lycéen au regard mélancolique assis à contempler la plage. Petit à petit, un attachement se développe entre les deux garçons malgré la réticence de Mio qui n’est pas gay, contrairement à Shun. Dans L’Étranger du Zephyr, on retrouve les deux amoureux dans leur périple pour Hokkaido, dont est originaire Shun. Bien qu’il n’ait pas envie d’y retourner, à cause de sa relation difficile avec sa famille, il se voit contraint par Mio d’aller au chevet de son père apparemment gravement malade. L’occasion pour le lecteur de découvrir la famille de Shun et d’en apprendre plus sur son passé et les raisons qui l’ont poussé à quitter son île natale.

 

 

Un manga rafraîchissant

Les one-shots L’Étranger de la plage et L’Étranger du Zephyr (3 tomes sortis) s’avèrent être des mangas très agréables à lire et au contenu rafraîchissant, avec un dessin qui fait parfois très shônen ou shôjo. Le design des personnages est très rond et doux, ce qui les rend très expressifs surtout dans les moments humoristiques. Kii Kanna a d’ailleurs également dessiné des one-shots de type jôsei. Étant donné le style de dessin, les personnages ont des apparences juvéniles malgré leur âge (Mio et Shun ont respectivement 20 et 27 ans dans L’Étranger du Zephyr). On est bien loin des mangas Boys Love dans lesquels des lycéens/jeunes adultes ont le visage, la carrure et l’aplomb de bellâtres « donjuanesques ». Les décors et les paysages sont fournis, détaillés et très marqués au fil des saisons. Les couvertures sont très colorées et on sent une véritable dynamique de mouvement dans les illustrations. Comme beaucoup de Boys Love tranche de vie sortis récemment, notamment ceux orientés sur le thème de la famille, il s’en dégage un sentiment de feel good et une volonté de faire accepter l’orientation sexuelle comme une part importante de l’histoire sans pour autant en être son unique sujet.

 

 

Le chemin vers l’acceptation

Derrière cette façade de légèreté se cachent en réalité de vrais messages sur la remise en question, l’épanouissement personnel et l’acceptation de l’entourage. Shun et Mio ont chacun un vécu qui les a marqués et c’est au contact de l’un et l’autre qu’ils arrivent à s’épanouir et à trouver l’équilibre et le soutien dont ils ont besoin. Dans L’Étranger de la plage, l’action est surtout focalisée sur leur histoire d’amour et le développement de leur couple au quotidien. Dans L’Étranger du Zephyr, Shun et Mio rencontrent pour la première fois Fumi le petit orphelin de sept ans, adopté par les parents de Shun après son départ. L’auteur nous fait découvrir avec une bonne dose d’humour différents stades d’acceptation à travers les membres de la famille de Shun. En ce qui concerne les parents, si l’on comprend qu’au départ, l’homosexualité de leur fils leur a fait un choc (surtout qu’il l’annonce le jour où il était censé se marier avec sa fiancée de longue date !), le fait que Shun ait volontairement coupé les ponts a été encore plus brutal. L’acceptation de la relation entre Shun et Mio semble alors se faire rapidement pour la mère et petit à petit pour le père. En revanche, Fumi n’étant pas au courant des préférences sexuelles de son frère, il adopte immédiatement Mio sans aucun préjugé. D’autres thèmes difficiles sont abordés par le biais des personnages principaux et secondaires, comme le deuil, les tendances suicidaires, la dépression, le rejet de l’autre mais toujours traités avec énormément de finesse et de délicatesse. Le dessin et l’humour léger avec lequel ces sujets sont abordés permettent de dédramatiser et d’apprécier cette belle histoire de famille.

 

 

À l’instar de nombreuses auteures de Boys Love qui ont commencé leur carrière dans les années 2010 comme Yuki Fumino (Hidamari ga Kikoeru) ou Mita Ori (Our Dining Table), Kii Kanna prend le parti de produire un manga tranche de vie avec des scénarii plus réalistes où la sexualité est traitée de manière plus authentique et plus adulte. L’homosexualité des personnages est un facteur de l’histoire mais il y a une volonté de les intégrer aux cercles du travail, familial ou amical et de montrer leur quotidien. La vague de nouvelles artistes semble vouloir produire des BL avec des thèmes plus profonds et plus ancrés dans la réalité de la société actuelle. Cette stratégie semble fonctionner car les œuvres de Kii Kanna marchent très bien auprès du lectorat japonais aussi bien en matière de ventes que de popularité. L’Étranger du Zephyr s’est ainsi classé pendant deux années consécutives aux Osusume BL Comics de 2016 et de 2017 (classement des ventes) ainsi que dans les classements de popularité comme Kono BL ga Yabai et Chil-Chil BL Awards.

 

 

Cortana, travaille avec beaucoup de paperasse, ce qui n'est pas vraiment jubilatoire. Dans ses temps libres, elle se plonge volontiers dans les animes, mangas et les séries TV. Elle aime écrire des histoires et dessiner de temps en temps, le tout avec une tasse de thé pour l’aider à se détendre. Sa faiblesse avouée, les méchants sociopathes, qui sont souvent ses personnages préférés.

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