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Magazine en ligne dédié aux mangas, aux animes et aux jeux vidéo

New York New York

New York New York est un manga de Marimo Ragawa, en 4 volumes parus en 1998 chez Hakusen sha. Ce manga est un shôjo, mais il appartient au genre Yaoi. C'est à dire un manga traitant de relations homosexuelles entre personnages masculins. Dans ce cas précis, on peut même parler de shônen ai, d'un manga s'attachant plus aux sentiments qu'au relations physiques. A noter que le yaoi est à la base pour un public de jeunes filles, et pas du tout pour un public d'homosexuels. C'est un détail qui a son importance, car cela signifie que le réalisme n'est pas vraiment le but, et que les relations décrites n'auront pas forcément à voir avec ce que vivent vraiment deux hommes.

 

 

L’histoire

Kain Walker est un jeune flic de 25 ans qui vit à New York. Ses collègues, ses amis, sa famille, personne ne sait qu'il est homosexuel et qu'il va le soir dans des bars gay de la ville faire des rencontres d'une nuit... Personne hormis bien sûr un de ses collègues, gay également, avec qui il ne s'entend pas plus que ça. Un soir alors qu'il drague tranquillement dans un bar, il voit un jeune homme blond rentrer et c'est le coup de foudre. Le jeune homme s'appelle Mel Frederics et a 22 ans. Les deux hommes sympathisent et finissent par se rendre chez Kain et discutent toute la nuit, de leur vie, leur passé, leur travail... Le lendemain Mel part tranquillement à son travail. Mais ça ne va pas s'arrêter là et ils se retrouveront vite face à face, pour le meilleur comme pour le pire...

Graphisme

Le dessin peut rebuter quelque peu au début car le premier volume n'était pas un exemple de parfaite maîtrise des traits : visages parfois ratés, nez mal dessinés et mal placés, personnages figés, bien sûr, le premier volume n'est pas non plus abominable, loin de là... Mais au fur et à mesure des 4 volumes, le trait devient plus précis et régulier et les personnages obtiennent des visages agréables. Un style de dessin en tout cas assez différent des standards shôjo auxquels on peut être habitué en France. Le trait se veut réaliste, essentiellement centré sur les personnages et peu sur les décors – nous ne sommes pas dans un shôjo pour rien -, avec un agencement des cases assez libre qui donne un côté assez dynamique sans être fouillis. Ce qui n'est pas plus mal car le dessin manque justement de dynamisme, donnant parfois des personnages un peu gauches et figés dans leurs attitudes.  On notera également, à mon sens, un manque d'expressivité des visages qui reflètent rarement l'émotion qu'on aimerait y voir : difficile de se rendre compte si le personnage est heureux, triste, en colère, vu que rien ne passe vraiment, notamment au niveau des yeux, bien dessinés mais un peu vides. Vu qu'on est dans un manga romantique contant une histoire d'amour passionné, il est dommage de constater ce côté un peu froid et inexpressif. Ça reste tout de même agréable mais ça manque un peu de vie et de chaleur pour vraiment faire passer les émotions. On remarquera également un petit souci avec les bulles, on ne sait pas toujours vraiment qui parle, ça gêne parfois à la bonne compréhension de l'histoire.

L'histoire en elle-même est une histoire romantique à souhait, la rencontre style coup de foudre de deux beaux mecs dans New York qui vont devoir surmonter bien des obstacles. Ils sont homosexuels, et même si la société est de plus en plus tolérante avec les styles de vie qui diffèrent de la norme établie, ça n'en reste pas moins difficile à vivre. On est ici loin des yaoi loufoques à la Gravitation ou glauques à la Zetsuai, extrêmes dans leurs personnages et pas faits spécialement dans une optique réaliste de description d'un couple homo. Les personnages de New York New York sont voulus comme réalistes, même si proches du stéréotype habituel du genre yaoi : le seme et le uke, l'actif et le passif, le viril et l'efféminé. Ça reste évidemment un manga qui respecte les règles du genre. Des deux personnages principaux, le plus réaliste reste Kain, le viril macho, volant d'un mec à un autre, amateur de coups d'une nuit. Au début, il ne parait guère attachant au niveau de son caractère, voire même limite antipathique : il est jaloux et possessif, profondément égoïste et narcissique, prend son plaisir où il peut sans se préoccuper des autres, allant jusqu'à user de violence, trouvant normal de tromper mais impardonnable d'être trompé. Mais il évolue énormément au fil des 4 volumes, à la suite de sa rencontre avec Mel, la prise de conscience de ses actes et de ses jugements, et surtout la totale acceptation de son homosexualité, qu'il refusait d'admettre en dehors des mecs qu'il rencontrait dans les bars. Ce qui ne vas pas aller sans heurt, que ce soit avec sa famille (la douloureuse épreuve du coming out que pas mal de gays doivent traverser) ou ses collègues de travail (le milieu policier n'étant pas forcément le plus ouvert et tolérant qu'on puisse imaginer pour un homosexuel). Devoir faire face au jugement des autres, affronter la bêtise et la peur tout en gardant la tête haute, ce n'est pas vraiment l'épreuve la plus facile qu'il soit. Mais c'est ce qui permettra au personnage de Kain de fortement évoluer, de se libérer de sa prison de préjugés et de stéréotypes qui lui pourrissaient la vie.

 

 

Le personnage de Mel quant à lui souffre quand même d'un manque de réalisme : le blondinet pleureur à qui il arrive les pires trucs imaginables, à l'enfance ignoble, ça fait un peu beaucoup, et il doit en plus être le personnage gentil, pur et innocent du manga. Il manque en plus de caractère, ne se défendant jamais, ne se bougeant jamais, attendant souvent tout des autres. Il est faible, mais en même temps il doit surmonter des épreuves impossibles sans craquer, il parait tellement faible par rapport à ce qu'il doit vivre, d'où le côté un peu irréaliste du personnage. C'est d'ailleurs cet amoncellement de crasses pires les unes que les autres, amenant vite un côté pathos et mélo franchement forcé et artificiel, qui gâche un peu l'ensemble. On sent les ficelles un peu grosses pour nous émouvoir, ça manque de subtilité. Manque également un petit quelque chose qui donne un côté magique aux histoires d'amour passionné comme celle que l'auteur veut nous décrire. Cela vient d’abord du dessin, comme précisé plus haut, qui n'arrive pas vraiment à faire passer les émotions. De ce fait, difficile de vraiment s'attacher aux personnages, quoi qu'il leur arrive.

Il n'empêche qu'il y a des scènes bien construites et décrites de manière réaliste et pleine de finesse (surtout dans le volume 2), les personnages secondaires apparaissant étant plutôt bien utilisés. Le but n'est pas là de s'écrier « kawai » dès qu'on voit le couple ensemble mais plutôt de suivre une histoire d'amour simple, devant surmonter bien des obstacles ; un peu trop d’ailleurs. A noter qu'il n'y a pas que de la romance dans ce manga, mais également un petit côté policier qui vous tiendra peut-être en haleine durant tout le volume 3 même si on se demande si cette partie était réellement utile. Le volume 4 est différent des autres, dans le sens où l'histoire de Kain et de Mel s'arrête en page 119, les pages 86-119 étant déjà un épilogue présentant un nouveau personnage sympathique qui aurait mérité plus d'attention et qui conte la suite de la vie du couple Kain-Mel jusqu'au bout... L'histoire en elle-même de cet épilogue n'a rien de transcendant en soit, nous suivons leur vie, c'est très rapide, peu développé et clairement fait juste dans le but de donner « une vraie fin » au manga. Les quelques pages suivantes présentent un petit commentaire de l'auteur sur les différents amants de Mel, et enfin nous suivons une tout autre histoire en fin de volume, une nouvelle dessinée par Ragawa en 1997, De moi à toi, où deux nouveaux personnages, l'un ressemble physiquement à Mel mais fort heureusement il a beaucoup plus de caractère que lui. Nouvelle n'ayant rien de yaoi, plutôt bien dessinée, jouant pas mal sur l'émotion, très agréable à lire.

 

Adaptation

Les couvertures sont assez flashy. Quelques fautes d'orthographe ici et là. Pas de pages couleurs. En revanche, un conseil : sous la couverture volante, un texte résumant le premier volume. NE LE LISEZ PAS avant d'avoir lu le volume, sinon ça vous gâchera 50% de l'histoire. De même, évitez la toute première page de chaque volume...

 

 

Conclusion

New York New York nous invite à suivre la vie mouvementée et tourmentée de deux new-yorkais. Leur histoire d'amour, les épreuves qu'il subissent, les doutes et les peurs qu'ils dépassent. Malgré un côté pathos fortement exagéré et un manque d'expressivité, c’est bon manga romantique à souhait, prônant la tolérance et le droit d'aimer au-delà des préjugés. Un peu agaçant cependant, l'expression « avouer son homosexualité » utilisée à tout bout de champ, comme si c'était un crime...

 

 

Cortana, travaille avec beaucoup de paperasse, ce qui n'est pas vraiment jubilatoire. Dans ses temps libres, elle se plonge volontiers dans les animes, mangas et les séries TV. Elle aime écrire des histoires et dessiner de temps en temps, le tout avec une tasse de thé pour l’aider à se détendre. Sa faiblesse avouée, les méchants sociopathes, qui sont souvent ses personnages préférés.

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