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Magazine en ligne dédié aux mangas, aux animes et aux jeux vidéo

Erased

Erased est à l’origine un seinen manga de Kei Sanbe (L'île de Hozuki et Le Berceau des esprits), prépublié dans le magazine Young Ace de l'éditeur Kadokawa Shoten entre juin 2012 et mars 2016. La version française de la série est éditée par Ki-oon. L’adaptation en anime est quant à elle produite par le studio A-1 Pictures est totalise 12 épisodes.

 

 

L’histoire 

Satoru Fujinuma est aspirant mangaka dans la fin de la vingtaine dont la carrière trébuchante peine à décoller. Pour subvenir à ses besoins, il travaille dans une pizzeria en tant que livreur. Réservé et peu enclin à s'ouvrir aux autres, il observe le monde qui l'entoure sans vraiment y prendre part. Pourtant, Satoru possède un don exceptionnel : à chaque fois qu'un incident ou une tragédie se déroule près de lui, il est projeté quelques minutes dans le passé pour empêcher l'inévitable de se produire. Cependant, il n'a aucun contrôle sur cette capacité, et déteste cela. Un jour, il sauve un enfant d'un accident grâce à son don, mais est blessé. À l'hôpital, Satoru se souvient lors d’un rêve de Kayo Hinayuki, sa camarade de classe assassinée alors qu'elle n'était qu'une petite fille... Plus tard, Sachiko Fujinuma, sa mère, est retrouvée assassinée dans l’appartement du jeune homme tandis qu’elle était venue l’épauler quelques jours, durant sa convalescence. Les choses dégénèrent rapidement et il est alors rapidement considéré comme le principal suspect. Cependant, Satoru est projeté 18 ans dans le passé et profite de cette faille dans l’espace-temps pour découvrir le responsable de la série de meurtres d'enfants qui avait touché la ville pour les sauvés ainsi que sa mère et ce malgré le fait qu’il soit dans le corps d'un enfant de 10 ans.

 

 

Le premier épisode nous présente un jeune homme de 29 ans, mélancolique à la capacité d’effectuer des « rediffusions », comme il les appelle. Il s’agit de sauts dans le passé, qui commencent chaque fois qu'une force inconnue l'encourage à empêcher quelque chose de terrible de se produire. Puis, est introduit l’enlèvement d'enfant qui fort heureusement, échoue avant que ne surviennent le meurtre de la mère de Satoru. Au cours des onze épisodes suivants, Erased s’articule autour de l’enquête mener par le jeune homme de retour dans son enfance, le drame est au premier plan. Nous suivons le quotidien des personnages révélant des détails émotionnels et psychologiques de chacun d’eux, de sorte que l'empathie pour eux se fasse naturellement car, même si les principaux intéressés ne sont même pas encore des collégiens, pas question de nous épargner la violence à laquelle ils sont parfois victimes pour autant. Cette détresse est incarnée par le personnage de Kayo, victime des violences d'une mère célibataire totalement déséquilibrée, ainsi que des brimades des autres enfants de sa classe. Etant la première cible de la série d'assassinat dont la mère de Satoru sera également victime, ce dernier compte à tout prix la sauver de son funeste destin afin d'inverser le cours des choses. Les échanges entre ces deux personnages sont d'une grande beauté, même si empreint de beaucoup de tristesse du fait du caractère désenchanté de la petite fille qui, cachée derrière sa carapace, ne veut en fait qu'un peu d'affection. Les autres camarades de Satoru ne sont pas en reste et offrent une magnifique leçon d'amitié et de courage dans les rapports qu'ils entretiennent avec le héros. L'autre personnage marquant de cet anime est sans conteste la mère du protagoniste principal. Véritable figure forte portant haut les couleurs de l'indépendance féminine, elle fait office d'une magnifique mère élevant seul son fils, n'hésitant jamais une seule seconde à prendre d'énormes risques pour l’aider.

 

 

Bien que la série soit un thriller et que la résolution du meurtrier peut être résolu rapidement pour les téléspectateurs les plus avisés, la série conserve toujours un niveau élevé de tension. Et cela tient au fait que nous avons développés une sympathie pour les différents protagonistes. Le bourreau perfide et charismatique est réellement dangereux pour eux avec de vrais enjeux, rendant l’ensemble saisissant. La relation teintée de haine et d'admiration qu'entretiennent d'ailleurs les deux « ennemis » est absolument fascinante car elle soulève une problématique des plus pointues : quand on évolue dans une constante adversité et que cette dernière vient tout à coup à disparaître, peut-on continuer à avoir un but sans elle ? Une fois le meurtrier découvert par Satoru, le tueur tente de le noyer mais ce dernier est plongé dans un coma durant 15 ans. Lorsque Satoru se réveille enfin, tout s’enchaine rapidement, que ce soit sa rééducation, et arrive le dénouement sur le toit de l’hôpital sans dernier twist malheureusement, qui nous aurait subjugué une dernière fois. Malgré tout, l’ensemble est mené tambour battant jusqu'à la conclusion, tout aussi irréprochable que le reste de l'histoire.

 

 

Si nous regardons de plus près, l'astuce du coma surprend mais elle n'est pas si mauvaise. De cette façon, le spectateur est projeté directement dans le présent, sans avoir à arpenter une nouvelle fois le quotidien de Satoru. En outre, l'agresseur est resté en liberté tout ce temps, ce qui crée à son tour un facteur de tentions. Narrativement, le tout est très séduisant, parce que Satoru n'a pas de souvenir de ce qui s'est passé au cours des 15 dernières années. Cela ouvre de possibilités de rebondissements. Dans la dernière partie Gaku Yashiro quitte la ville et permet à ceux que Satoru aime et à voulu protéger, de grandir insouciant et heureux. Le prix que Satoru paie pour cela est le donc coma. Coma qui offre à l'intrigue un coup de théâtre. En raison du nombre limité de 12 épisodes, le studio n'avait probablement aucun moyen de reprendre l'arc final beaucoup mieux conçu du manga.

 

 

Le concept des rediffusions est bien amené, et nous plongeant dans le même état que le personnage principal. Les flashbacks sur son enfance sont distribués au compte-goutte, aux détails importants. A ceci s’ajoutent quelques réflexions psychologiques, sur la culpabilité, la prise de conscience, les relations aux autres… De quoi rendre l’histoire palpitante qui s’emballe et nous plonge dans une atmosphère inquiétante avec des faits totalement inattendus. A la fin de chaque épisode nous demeurons sur notre faim et l’envie de connaitre la suite est à son comble. La série use de plusieurs effets mettant parfaitement en avant le récit en y ajoutant un côté percutant à sa narration. Entre les flashbacks parfaitement imbriqués, le questionnement que nous avons au fil de l’enquête, tout ceci sert parfaitement l’ambiance.

 

 

Fort d’une animation soignée qui réserve parfois de véritables moments de grâce, une ambiance très mature dans un univers juvénile où la violence côtoie la poésie, des personnages à l'écriture magistrale et hyper attachants, quelques notes d'humour très bien amenées et le tout accompagné d’un récit absolument irréprochable, au rythme parfaitement calculé. Les ingrédients sont réunis pour nous promettre quelque chose de vraiment saisissant, audacieux englobé d’un suspense parfois insoutenable tant le déroulement de l'histoire est passionnant. Erased nous offre également un des plus beaux portraits de l'enfance que l'on ait pu voir dans un anime, et qui sait parfaitement nager entre deux eaux, montrant aussi bien leur naïveté et leur connaissance de la violence du monde qui les entoure, que leur aspect responsable malgré leurs caractères fantaisistes.

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Emmerich 27/01/2020 17:27

J'ai connu cette série via Netflix. Elle est visuellement très soignée et le scénario est intéressant. Les protagonistes adultes comme enfants sont confrontés aux réalités de notre monde sans pour autant être dans la surexposition de la vigilance, de quelque manière que ce soit. À voir