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Hokuto no Ken

Hokuto no Ken est un shônen initialement paru de manière hebdomadaire dans le Weekly Shônen Jump dès 1983. Le duo Buronson, le scénariste et Tetsuo Hara, le dessinateur écrive un récit sur 27 tomes, édités par Shûeisha au Japon jusqu'en 1988.

 

 

L’histoire

Hokuto no Ken dépeint un monde dévasté par les armes nucléaires, ayant eu pour conséquence l'évaporation de la plupart des mers et océans, tout comme la destruction d’une grande partie de la végétation. Les terres sont arides, le climat est hostile, les ressources indispensables à la vie se sont considérablement amenuisées. L’eau en particulier, du fait de sa rareté, est devenue hautement désirable. Pour couronner le tout, les groupes de bandits et de pillards pullulent. L’ordre et la morale n’existant plus en ce bas monde, la loi du plus fort règne.

Dans ce monde chaotique, Kenshirô, un homme reconnaissable aux sept cicatrices qu'il porte sur le torse (formant la constellation de la Grande Ourse), est un maître du Hokuto Shinken, style de combat millénaire dont il suit la voie depuis sa plus tendre enfance. Kenshirô ne cherche pas réellement à aider autrui, mais au fur et à mesure que son étoile le guide, il se révèle comme étant le sauveur tant attendu par une population au bord du désespoir, asservit par la violence. Accompagné dans son périple par deux jeunes enfants nommés Bart et Lynn, Kenshirô sera confronté à un grand nombre de gangs, et devra affronter deux de ses frères adoptifs, eux aussi disciples de l'art du Hokuto Shinken, et se mesurer à cinq des six maîtres de l'école concurrente Nanto Seiken, le poing sacré de l'Étoile du Sud. En effet, il ne peut y avoir qu’un seul héritier en droit de porter le flambeau du Hokuto Shinken, cet art martial ancestral. Et il se trouve que le très vénérable mentor qui l’a initiés aux arcanes du cet art assassin en avait fait de même avec les frères ainés de Kenshirô avant de préféré ce dernier à ses autres disciples. Dès lors, ses frères, se sentent bafoués et cultivent un sentiment de haine irrépressible envers Kenshirô, alors considéré comme un imposteur.

La pratique du Hokuto Shinken vise à faire imploser son adversaire par la pression des points vitaux du corps humain. Associé au point cardinal du nord, il est diamétralement opposé à l’école du Nanto Seiken, art martial lié au sud, dont les techniques entraînent la destruction externe de l’adversaire. Cela fait évidemment référence au Yin et au Yang, antagonistes mais complémentaires.

Le périple de Kenshirô l’amènera à rencontrer son ultime adversaire Raoh, qui n'est autre que son frère ainé, un aspirant conquérant qui a enfreint les lois de Hokuto Shinken. D’abord en refusant d'abandonner son art suite à la désignation de Kenshirô comme unique héritier, puis en employant la maîtrise de cet art martial à des fins de conquête. Tout au long du récit, Kenshirô fera face à une série de tragédies qui l'affectent profondément avant son combat fratricide. Néanmoins, tout ne s’arrête pas là. Suite à la mort de Raoh et de Yuria, la fiancé de Kenshirô qu’il recherchait d’espérèrent, celui-ci  ère durant des années avant de rejoindre Bart et Lynn, devenus adultes et leaders de l'armée du Hokuto, milice rebelle contre la tyrannie des troupes de l'Empereur céleste, commandées par un régent, nommé le Gouverneur Jakoh. Ken se mesure alors aux maîtres de l'école Gento Kokken. Après la défaite finale de Jakoh, Lynn est enlevée et Ken doit traverser le seul océan restant pour se rendre sur les terres de Shura, aussi connu comme le Pays des Démons. Les terres de Shura sont d'ailleurs les terres natales de Raoh et son frère de sang, Toki. Ce pays est gouverné par Kaioh, le frère biologique de Raoh, qui est aussi dépositaire du Hokuto Ryūken, Le poing du dragon de l'étoile du nord, une branche maléfique du Hokuto Shinken.

Après avoir retrouvé le secret du Hokuto originel, le Hokuto Sōke, Kenshirô se défait de Kaioh, sauve Lynn et libère le pays des démons avant de retrouver Ryu, le fils de Raoh, et de le prendre comme disciple pour faire de lui son successeur.

 

 

Hokuto no Ken n’est pas un manga agressif et cruel à destination d’adolescents en quête de virilité. Cette œuvre apporte son florilège de psychologie et de sentimentalisme. Kenshirô évolue dans un environnement pour le moins inhospitalier avec, au départ, un seul objectif en tête. Animé par la vengeance, il cherche à éliminer Shin, disciple du Nanto Seiken. Ce dernier est le sinistre personnage qui a kidnappé Yuria, la dulcinée de Kenshirô et qui, au passage, lui a infligé sept cicatrices sur le torse alors qu’il cherchait à la défendre. Ken cherche donc initialement l’absolution dans la mort de celui qui lui a causé du tort, et se montre impitoyable pour arriver à ses fins, massacrant sauvagement les vauriens qui oseraient l’attaquer ou lui barrer la route. Rapidement, il rencontrera des enfants à qui il viendra en aide, et qui s’attacheront à lui, le suivant sur une partie de son périple. Car Kenshirô n’est pas dénué de sentiments. Il va accomplir une rédemption spirituelle et venir en aide à de pauvres hères, jeunes et vieux, qui n’aspirent qu’à mener une vie paisible, et tentant de reconstruire une société. Ceux-ci, brimés par des coupe-jarrets, sont promis à une mort certaine. Durant ses voyages, surviendront de nombreuses occasions durant lesquelles il défendra les opprimés. Trouvant le salut dans la protection du plus faible, le personnage acquiert le statut de sauveur. À plusieurs reprises, il fera preuve de compassion, en épargnant des malfrats. Bien entendu, cela ne l’empêchera pas d’être sans pitié lors de multiples rixes sanglantes et de combats décisifs.

Kenshirô a été élevé dans la plus pure tradition du respect d’un code de conduite indissociable du Hokuto Shinken. Cet art se doit d’être pratiqué dans les règles. Or, le disciple qui n’a pas été sélectionné comme successeur est contraint d’abandonner à tout jamais ce style de combat. À cette réflexion sur la spiritualité martiale s’ajoute un questionnement sur l’essence de la fraternité. Kenshirô devra ainsi combattre son frère Raoh, qui aspire à assouvir une soif de puissance immodérée. Cet infâme combattant a enfreint la règle millénaire du Hokuto Shinken, bafouant l’honneur et les préceptes de son école, tout en massacrant de nombreux innocents. Kenshirô devra trouver un équilibre entre la volonté de se venger et l’amour de son frère, et sera grandement affecté par les conséquences de son choix.

 

Le manga paraît quatre ans après la sortie de Mad Max, en 1979. L’univers du film, ainsi que celui de sa suite Mad Max 2 : The Road Warrior, a été une grande source d’inspiration pour Hokuto no Ken. Les terres désolées, la violence omniprésente, le sentiment de vengeance du héros et même les vêtements en sont autant d’illustrations. Buronson et Tetsuo Hara ont alors suivi un créneau porteur qui s’est illustré à travers de nombreux médias. Leur création est un des tout premiers mangas du genre, aux côtés de Akira, réalisé par Katsuhiro Otomo. La science-fiction se dévoile sous son plus beau jour lorsqu’on se risque à imaginer ce qui se passerait si une guerre nucléaire éclatait. Le post-apocalyptique comprend une part substantielle d’imagination mais ses racines sont puisées dans des réalités passées. En quelque sorte, un futur probable. L’humanité résisterait-elle à la disparition de la civilisation telle que nous la connaît ? Cette idée provient certainement de l’horreur qu’ont inspirée les deux guerres mondiales et le développement toujours plus rapide de la technologie militaire, dont l’exemple le plus parfait est le traumatisme de Hiroshima et Nagasaki. Post-apocalyptique rime parfois avec incidents bactériologiques et maladies qui ont transformé l’humanité en terribles mutants ou zombies. Pas de bombardement atomique dans ce cas-là, mais exit la vie pépère quand même. Il existe une myriade d’œuvres qui traitent de ce thème. Je suis une légende, roman de Richard Matheson paru en 1954, et adapté plusieurs fois au cinéma, est une de celles-là. Ou, plus proche de nous, le comics ou la série The Walking Dead. Le point commun entre les zombies et la foudre de l’atome, c’est la nécessité de survivre dans un monde sans pitié. Nous nous plaisons à suivre les protagonistes afin de voir s’ils parviennent à rester en vie, alors que tout semble jouer contre eux. Et la manière de le faire importe : basculeront-ils dans la sauvagerie ou conserveront-ils leurs valeurs intactes ? Les dilemmes moraux sont présents pour ça. Le public semble plébisciter l’introspection et un certain recentrage sur les interactions humaines les plus élémentaires entre survivants, ainsi qu’entre l’être humain et son environnement. Hokuto no Ken réussit très bien cela en y incorporant des affrontements dantesques. Il s’agit d’une des créations qui nous rappelle malheureusement que l’homme est un loup pour l’homme…

 

 

Dès 2001, Tetsuo Hara lance Fist of The Blue Sky, une série préquel se déroulant en 1935, en pleine occupation japonaise de Shangai. Une époque riche car c'était aussi celle des concessions internationales de la ville. Nous y découvrons le prédécesseur de Kenshirô, ainsi qu’une cité rongée par les rivalités. Puis dès 2006 plusieurs spin-offs directs au manga originel sont publiés sous l'appellation Hokuto Gaiden. Divers artistes vont pouvoir développer cet univers culte en mettant en avant les personnages suivants dans six histoires dédiées : Raoh, Yuria, Rei, Toki, Jagi et Jyuza.

 

Hokuto no Ken est un manga à lire car il défoule avec son langage cru, ses mines patibulaires, son hémoglobine et sa violence autant physique que psychologique mais à ne pas mettre dans toutes les mains. Cependant, malgré les années Kenshirô n’est pas mort, et fera toujours partie des héros d’antan que nous avons longtemps adulés et que nous nous remémorons avec nostalgie, au même niveau que le mythique Songoku de DragonBall.

 

 

 Mesekiel, est tombé dans la culture japonaise très jeune et tente au mieux de partager sa passion. Après des années investis dans ce domaine, il est devenu un connaisseur avec une liste soigneusement classée de livres et d’animes dévorés.

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