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Magazine en ligne dédié aux mangas, aux animes et aux jeux vidéo

Hunter X Hunter

Hunter × Hunter est un shōnen manga écrit et dessiné par Yoshihiro Togashi, pré-publié depuis mars 1998 dans l'hebdomadaire Weekly Shōnen Jump de l'éditeur Shūeisha, comptant à ce jour trente-six tomes. La version française est quant à elle disponible aux éditions Kana.

 

 

L’histoire

Gon Freecss a douze ans, et rêve de devenir Hunter, c’est-à-dire un aventurier d'élite peuvent être chasseurs de prime, chefs-cuisinier, archéologues, zoologues ou tout simplement consultants dans divers domaines. Son père, Ging Freecss, qu'il ne connaît pas, est considéré comme un des plus grands hunters de son temps. C'est aussi pour le retrouver que Gon veut devenir hunter.  Cependant l'examen pour le devenir est laborieux. En effet, on raconte qu'un seul candidat sur 10 000 arrive sur le lieu des épreuves, où il n'est pas rare d'être blessé, voire tué par des monstres, des pièges ou même d'autres concurrents.

Au cours de cet examen, Gon va rencontrer différents individus, amis ou ennemis, comme Kurapika, dont le seul objectif est de venger son clan, le clan Kuruta, assassiné par la Brigade fantôme et tenter de récupérer les yeux de son clan, les pupilles écarlates. Léolio, dont le but avoué est d'acquérir de l'argent pour financer ses études de médecine. Kirua, fils d'une famille d'assassin d'élite, la famille Zoldik, qui participe à cet examen par simple amour du défi et ne voulant pas suivre la voie de sa famille. Et enfin Hisoka, dont la grande passion est le combat contre des guerriers très puissants.

 

 

Hunter X Hunter n’est pas la première publication de Yoshihiro Togashi au sein du célèbre hebdomadaire. On lui doit entre-autre, Yū Yū Hakusho et Level-E. L’artiste se fera réellement un nom avec le premier titre cité, qui sera à juste titre comparé comme une alternative à Dragon Ball d’Akira Toriyama. Une comparaison justifiée par la profusion de combats épiques, la présence de tournois, du monde des Yokaï pour l’univers ou encore de certains personnages qui se ressemblent d’une œuvre à l’autre à l’instar de Hieï dont le caractère fait irrémédiablement penser à Vegéta.

Yû Yû Hakusho proposait déjà des éléments intrinsèques au futur succès de Hunter x Hunter comme la place de la stratégie ou de la réflexion dans la manière d’aborder les combats. La force du mangaka ne réside pas dans ses dessins. Ces derniers sont très épurés, peu soignés même lorsqu’il s’agit des fonds ou de certaines scènes. Il semble de plus accorder une moindre importance à la trame ou encore au découpage, qui se limitent à un classicisme évident, même pour un néophyte. Les visages ne fourmillent pas de détails et certains protagonistes secondaires ressemblent à de simples bâtons. Bien entendu s’il n’est pas le seul à faire cela (absence de fond dans les combats de Dragon Ball), il est en revanche le seul à lésiner autant à tous les niveaux et c’est un point faible pour un shônen, dont le dessin est censé être attrayant. Bien que possédant son propre style, Yoshihiro Togashi semble se borner à en faire le moins possible. Le manga comptabilise un certain nombre de clins d’œil plus ou moins subtiles a d’autre shonen. Gon et Kirua font irrémédiablement penser à Sangoten et Trunks de Dragon Ball et Hisoka est nettement inspiré de Dio Brando de Jojo’s Bizarre Adventure.

Tout le talent du mangaka réside dans sa construction scénaristique et dans la création de ses personnages. Héros comme antagonistes, la vision manichéenne du bien et du mal est brisée, chaque intervenant dispose de sa propre logique, sa propre justice et vision des choses. Dans Hunter x Hunter, il est même difficile de déterminer concrètement qui est le personnage central de l’histoire. De prime abord, nous serions tentés de penser qu’il s’agit de Gon, cependant la plupart des protagonistes principaux bénéficient d’un background murement travaillé et tout aussi important, si ce n’est même plus parfois. Kurapika par exemple, souhaite venger le Clan Kurata, qui avait la particularité physique de voir leurs yeux virés au rouge devant une vive émotion. La Brigade Fantôme a tué l’intégralité du clan pour dérober leurs yeux. Nous pourrions d’ambler classifier cette organisation comme étant criminelle et poser Kurapika en un martyr, dont la quête vengeresse est justifiée. Cependant, il sera démontré à plus d’une reprise que les membres de cette brigade sont très humains et capables d’un fort sens de la camaraderie, s’émouvant aux larmes pour la perte de l’un des leurs. Nous apprendrons également qu’ils œuvrent pour le bien, trouvant leur intérêt partout. Peut-on encore les catégoriser comme étant des êtres infâmes et belliqueux ? De même, Gon n’est jamais présenté comme quelqu’un de fondamentalement bon : il agit selon son instinct et sa nature. Dans l’arc des Kimera Ants, il atteindra ses limites émotionnelles mettant en péril la vie d’une innocente, afin d’atteindre son but. Peut-on toujours dire que Gon est un « héros » ? Kirua s’impose tout au long du manga comme étant la « conscience » de son ami. Ironique lorsque l’on sait qu’il est un assassin.

La notion du bien et du mal est donc soumise au jugement du lecteur et le héros n’est plus là pour sauver la terre, mais pour poursuivre un but égoïste : le sien. Cela rend la série à la fois atypique car le héros a en général un objectif plus « noble », et décalé comparativement aux standards du JUMP.

 

 

Chaque shônen dispose de son propre type d’énergie : dans Dragon Ball, c’est le Ki. Dans Jojo’s Bizarre Adventure ce sont les Stands, dans Saint Seiya, c’est la cosmo énergie… Dans Hunter x Hunter, il s’agit du Nen qui ne sera introduit que tardivement dans le manga, durant l’arc de la Tour Céleste. Contrairement aux autres sources d’énergie, il se distingue par un apprentissage complexe, une approche logique et il en découle une utilisation bien précise pour chaque type de situation, pour qui saura le maîtriser à son paroxysme. Le Nen part du principe que chaque être vivant dispose d’une réserve naturelle d’aura, plus ou moins grande mais aussi d’un talent propre à l’utiliser. Les 4 principes de base du Nen sont : Le Ten (renforcement du corps), Le Zetsu (faculté de soin), le Ren (augmentation la vigueur) et enfin le Hatsu (technique spéciale).  Il existe au total 6 grandes catégories de capacité, aux qualités et défauts variés, s’opposants tels les 5 éléments :

Renforcement améliore l’attaque et la défense. Transformation change l’aura, Emission projette l’aura, Matérialisation donne une forme précise à l’aura, Manipulation permet un contrôle des hommes ou animaux et Spécialisation.

 

Le panel de possibilité s’élargi avec l’expérience de l’utilisateur : des techniques avancées comme le En (étend l’aura dans un certain rayon et détecte les présences alentours) ou encore le Gyô (concentration de l’aura sur une partie du corps, souvent les yeux pour voir l’aura de l’adversaire) font leur apparition au fur et à mesure de l’histoire. Enfin, il est possible de maximiser à 100% sa capacité innée et d’augmenter jusqu’à un certain point les voisines, tandis que d’autres seront hors de portée. Si tout cela semble alambiqué, certains arcs de la série sont particulièrement durs à appréhender. Durant l’arc de Greed Island, Yoshihiro Togashi n’hésitera pas à expliquer sur plusieurs pages les détails du Nen qui s’avèrent être très dense. De même, certains Hatsu sont souvent incompréhensibles malgré les explications de l’auteur (le Hakoware de Knuckle Bine). Hunter x Hunter ne prend pas ses lecteurs par la main, il faudra donc s’impliquer et faire un effort de compréhension pour s’immerger dans le récit.

Malgré un succès évident, les chapitres finissent par sortir à un rythme aléatoire, pour ne pas dire très fluctuant à partir du numéro 260. Si ce dernier sortira en février 2006, il faudra attendre octobre 2007 pour connaître la suite des aventures de Gon ! Un premier coup dur pour les fans mais aussi pour la revue. D’autres hiatus suivront : de décembre 2007 à mars 2008, puis de Mai à Octobre 2008… Reprise en janvier 2010 puis nouvel arrêt temporaire en juin de la même année. Le manga a repris et on espère que cela durera. Ces Hiatus seraient liés à différentes raisons : l’éditeur indique que l’artiste souffre de problèmes de dos, ce qui poussa nombre de librairies à menacer de retirer la série de leur boutiques, contraignant Yoshihiro Togashi à reprendre son manga dans la douleur. Ces arrêts n’empêchent pourtant pas la série de continuer, preuve s’il en est que le public est toujours au rendez-vous.

 

 

Sous des dehors plutôt classiques, Hunter x Hunter est un shônen redoutablement intelligent, qui joue sur les multiples facettes de ses fascinants personnages. En dépit d’un dessin parfois peu soigné dans le manga, l’auteur se rattrape par la densité de son scénario et des concepts qu’il invente dans chaque arc. Hunter x Hunter est assurément l’un des meilleurs mangas de sa génération même s’il ne facilite pas la tâche aux lecteurs avec ses nombreuses explications.

 

Mesekiel, est tombé dans la culture japonaise très jeune et tente au mieux de partager sa passion. Après des années investis dans ce domaine, il est devenu un connaisseur avec une liste soigneusement classée de livres et d’animes dévorés.

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Xérès 22/01/2020 21:07

Il est sorti chez nous j'étais à peine né mais la série n'est toujours pas finie. C'est long serieux

Emmerich 22/01/2020 10:27

L'un de mes shônen préféré mais il est vrai que les arrêts répétitifs de la prépublication dû aux soucis de santé de Yoshihiro Togashi sont regrettables… J'espère néanmoins qu'il pourra nous offrir dans les prochaines années suffisamment de chapitres pour prolonger sont récit et nous offrir une saga digne de son talent.