Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
manga-player.net

manga-player.net

Magazine en ligne dédié aux mangas, aux animes et aux jeux vidéo

Disaster Report 4 Summer Memories

Comment réagir si nous devions faire face à une catastrophe naturelle, comme un tremblement de terre ? Une projection difficile à faire sans être dans la situation. Le nouveau jeu du studio Granzella nous propose de le découvrir.

 

L’histoire

Alors que notre héros se rend en ville, un important séisme secoue la métropole de Hisui, renversant le bus dans lequel il se trouvait. Celui-ci se relève alors dans une ville en proie au chaos où les bâtiments menacent de s’effondrer à tout moment. Notre héros va devoir se démener pour parvenir à s’extirper de la ville et s’éloigner des immeubles et autres infrastructures qui s’effondrent à son passage.

 

 

Voilà le cadre dans lequel nous plonge Disaster Report 4 : Summer Memories. Le titre prend donc la forme d’un jeu de survie, mais sous l’angle de la morale. Comment réagirait le joueur s’il était dans la situation du personnage ? Viendrait-il en aide aux personnes dans le besoin ou se la jouerait-il plutôt solo ? Un point de départ particulièrement intéressant qui a le mérite de mêler catastrophe naturelle et une réflexion sur la morale de chacun. Nous contrôlons un personnage que nous pouvons personnaliser rapidement (sexe, couleurs ou coupe de cheveux, type de visage, couleur de peau). Malheureusement, les possibilités sont tout de même limitées.

Le concept de base du jeu est vraiment intéressant : survivre face à une catastrophe naturelle réaliste. Des séismes, il y en a presque tous les jours au Japon. Si le jeu propose de nous confronter à un scénario vraisemblable, en prenant une tournure moralisatrice, son gameplay a parfois du mal à rester cohérent avec son contexte. Parce que oui, si le titre prend l’apparence d’un jeu de survie, son gameplay se résume en grande partie à entrer en interaction avec les badauds qui se trouvent sur notre chemin plutôt qu’à rechercher des ressources ou des moyens de s’enfuir. Pour faire avancer le jeu, nous sommes obligés de discuter avec des PNJ. Certains ne présentent aucun intérêt, d’autres lancent des séquences de dialogues aux réponses à choix multiples, et enfin, les derniers font avancer le scénario. Disaster Report 4 : Summer Memories met en réalité de côté la situation catastrophique au profit d’une aventure axée sur les interactions avec les PNJ. C’est d’ailleurs le seul moyen pour progresser dans l’aventure. Malheureusement, les discussions ne représentent que très peu d’intérêt. À un moment, nous nous retrouvons à discuter avec un vieil homme qui nous explique qu’il cache à sa famille qu’il est au chômage depuis plusieurs mois et il s’inquiète plus du fait que le tremblement de terre ait ruiné son petit déjeuner que du chaos qu’il a créé. À un autre moment, on vient à discuter avec un jeune homme venu en ville pour un entretien d’embauche. Là encore, il se préoccupe plus de son entretien reporté que du séisme qui a touché la ville. Les réactions des PNJ sont loin d’être logiques et sortent totalement du cadre du traumatisme.

 

 

De notre côté, nous ne savons pas très bien quoi répondre à ces réflexions sorties du contexte. Les réponses proposées sont toujours orientées : compatir, accabler, partir discrètement ou se faire des réflexions intérieures. D’ailleurs, les réponses choisies ne semblent pas avoir de réel impact sur la continuité du scénario. Voir paniqués les différents protagonistes secondaires que nous croisons aurait été tellement plus cohérent, de même que l’impact de nos réponses. La pierre angulaire du jeu est pourtant ces PNJ puisque ce sont eux qui nous permettent de progresser dans l’histoire, et plus particulièrement, qui nous donnent des petites missions à réaliser. Par exemple, retrouver des écolières ou des objets. Nous sommes contrait d’aller à gauche à droite pour répondre aux exigences des gens. Des quêtes qui manquent clairement d’intérêts…

Que ça soit pour les missions ou pour les réponses données lors des discussions, nous gagnons des points de moralité quand on réalise une mission, ou des points d’immoralité quand nous mentons. Ces points n’ont pas d’autres intérêts que de nous signifier que notre comportement est plus ou moins moral, rien de plus… C’est bien dommage qu’ils n’altèrent pas la suite du jeu. De la même manière, si notre personnage a certains besoins vitales (manger, boire), passer outre ces « impératifs » n’aura pas de réels impacts sur sa survie. À quoi servent-ils, alors ? Même constat pour la barre de vie qui se réduit à mesure que le stress de notre personnage augmente, mais qui ne meurt pas si elle est au minimum.

 

 

Disaster Report 4 : Summer Memories est aussi catastrophique que son cadre. Initialement pensé pour la PlayStation 3, le jeu a finalement été reporté à la suite du terrible séisme de 2011 survenu au Japon. Un bad buzz dont le studio se serait bien passé. 7 ans plus tard, le jeu sort enfin, sur une autre génération de consoles, sans avoir eu droit à un lifting. Malgré ce postulat de départ, l’aventure de Disaster Report 4 : Summer Memories se révèle plutôt tranquille. Nous flânons dans les rues à la recherche de PNJ intéressant pour progresser dans les décombres de la ville. Notre personnage se laisse parfois aller à quelques contemplations ou réflexions intérieures, oubliant totalement l’urgence de la situation. Le jeu occulte grandement les catastrophes, un comble. Ainsi, au lieu de voir la chute d’un camion qui entraîne notre personnage avec lui, le jeu fait une ellipse sur la scène. Pourquoi ?

La progression offre très peu de liberté puisque les zones dans lesquelles nous « progresson » sont de petite taille. Elles sont délimitées par des voitures et des camions renversés qui bloquent les rues. Les quelques bâtiments dans lesquels nous pouvons rentrer n’ont pour ainsi dire aucun intérêt tout comme l’équipements ou les objets que nous récupérons.

 

 

Visuellement, le jeu est tout aussi accidenté que son parcours. Développé pour sortir sur la précédente génération de console, Disaster Report 4 : Summer Memories accuse forcément les traces du temps. Les décors sont correctement modélisés mais nous ressentons un manque cruel de textures et de détails, tant au niveau des personnages que des objets. Plus effrayant : le jeu se coupe régulièrement pour charger les nouveaux environnements, sans cinématique. La séquence de jeu se coupe littéralement et un logo apparaît à l’écran. De façon générale, nous avons en permanence cette curieuse sensation de jouer à un jeu d’il y a 10 ans sur des supports actuels.

Côté ambiance, on a également déjà vu beaucoup mieux. Les bruitages font très amateur et la bande son est en décalage complet avec son sujet, avec de jolies mélodies qui ne correspondent pas du tout au cadra dramatique du jeu. Disaster Report 4 : Summer Memories a beaucoup de mal à convaincre malgré son concept séduisant.

 

 

Disaster Report 4 : Summer Memories débarque sur PlayStation 4 et Switch avec 7 années de retard. Techniquement, le jeu est complètement dépassé. Les textures sont laides, les modélisations basiques, l’animation trop rigide et les temps de chargement viennent couper l’action. Les mécanismes du jeu ont également très mal vieilli. Avec son concept original de survie en environnement inhospitalier, Disaster Report 4 avait pourtant tout pour séduire les amateurs de jeux atypiques. Pas de véritable drame ici mais des dialogues sans queue ni tête avec des PNJ passifs et cette curieuse sensation que le studio est passé complètement à côté de son sujet.

 

Axeley, travaille dans la production d'un important fournisseur automobile depuis plusieurs années. Loin du travail, il s'évade avec les mangas, les animes et surtout les jeux vidéo. Il est aussi un grand collectionneur de figurine.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article