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Hayao Miyazaki

Hayao Miyazaki, né le 5 janvier 1941 à Tokyo, est considéré comme l’égal d’Osamu Tezuka au Japon, et en Occident à Walt Disney. Toutefois, Miyazaki reste modeste et explique le succès de son entreprise par la chance qu’il a eu de pouvoir exploiter pleinement sa créativité.

Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoke, le Chateau AmbulantMiyazaki n’est pas né avec un crayon dans la bouche, même s’il l’avait dans l’âme. Il s’est fait sa place dans ce milieu par la force de son talent, de son travail acharné et de son audace. Passionné par les airs et les machines volantes dès l’enfance (son père travaille dans l’aéronautique), il ne découvre sa vocation pour l’animation qu’au lycée. En 1958, le jeune Hayao Miyazaki va voir au cinéma le film Le Serpent blanc, produit par le studio Toei, premier long-métrage japonais d’animation en couleur. Émerveillé, Miyazaki se dit alors qu’il veut suivre cette voie. Il dessine énormément dans son temps libre, mais le secteur de l’animation est quasiment inexistant : il n’existe pas d’école ni de formation, il n’y a ni production ni recrutement. Miyazaki poursuit ses études tout en apprenant l’animation et le dessin en autodidacte.

 

 En 1963, le géant du manga Osamu Tezuka lance le pari insensé de diffuser une série animée à la télévision, au rythme de 25 minutes par semaine : Astroboy issu du manga éponyme. Les studios qui mettaient alors des années à produire un film d’une heure et rivaliser avec les monstres américains leur étaient hors de portée. L’animation japonaise naissante n’a alors que très peu de moyens financiers. Des nouvelles techniques d’animation sont inventées pour faire des économies : réduction du nombre d’images par seconde, animations minimaliste (ex : seule la bouche est en mouvement et non le reste du visage) et augmentations des plans fixes. Cela donne un résultat moins fluide, et un esthétique bas de gamme. À l’époque, cela ne peut pas être considéré comme une perte de qualité : ce sont les prémisses de l’animation japonaise.

 

C’est en cette année 1963 que Miyazaki rentre au studio Toei comme petite main de l’animation. Les gens sont alors formés au sein des studios car il n’existe pas d’école, et les gens sont embauchés sur la base de leur motivation et de leur dessin. Il est alors repéré comme bourreau de travail, mais également comme étant force de proposition pour un simple dessinateur en bas de l’échelle. Miyazaki débute donc sa carrière comme petite main, passant par tous les rôles de l’animation : débutant comme intervalliste (dessinateur des parties manquantes dans les images), il est promu animateur-clé (dessinateur des images importantes) pour le film Le Chat Botté (1969), puis il accédera à la réalisation et à la production.

Un an après son entrée au studio, il y rencontre sa future femme, Akemi Ōta, aussi animatrice. Il monte progressivement les échelons grâce à sa force de travail et sa créativité. Le petit dessinateur propose ses idées et donne son opinion sur les trames puis les scènes, et ses conseils avisés tout comme son engagement son remarqués par sa hiérarchie. Lors du film Les voyages de Gulliver dans l’espace en 1965, Miyazaki suggère une alternative scénaristique à la fin du film qu’il ne trouvait pas convainquant : sa proposition est intégrée au film. En 1964, des revendications syndicales s’embrasent au studio, demandant de meilleures conditions pour les petites mains et dessinateurs précaires. Miyazaki devient secrétaire général du mouvement et Isao Takahata le vice-président. Le jeune dessinateur participera au prochain film de ce dernier, Horus, prince du soleil (1968 – projet débuté en 1965), qui ne rencontre pas de succès malgré sa qualité artistique.

 

 

Après Takahata et Yōichi Kotabe, Miyazaki quitte Toei en 1971 et les rejoint au studio A-Pro. Ce sont les années 1970, l’économie japonaise s’est redressée, la période de reconstruction et de pénurie d’après-guerre est enfin terminée. L’animation japonaise est en plein boom, les séries télévisées ont investi le créneau du dimanche soir ainsi que l’adaptation d’histoires occidentales. Miyazaki quitte le Japon pour la première fois et s’envole vers la Suède pour une adaptation de Fifi Brindacier. Objectifs : rencontrer l’auteur du livre et s’imprégner du cadre occidental. Toutefois, le studio s’est mépris : le projet a été lancé avec confiance mais l’auteur leur refuse catégoriquement les droits. Le travail déjà commencé doit être abandonné mais est recyclé – sous la direction de Takahata avec une participation active de Miyazaki – dans Panda Petit Panda (1972), déjà un prototype de Mon Voisin Totoro. Nous retrouvons également l’inspiration de ce voyage dans les paysages de Kiki la petite sorcière (1989).

 

Miyazaki, Takahata et Kotabe changent une fois encore de studio pour Nippon Animation. En 1979, il réalise son premier film : Le Château de Cagliostro. En neuf mois, 100 minutes d’animation d’une excellente qualité pour l’époque sont réalisées et bien que le long métrage ne rencontre pas un succès exceptionnel auprès du public, le film est très remarqué dans le milieu, ce qui forge la réputation professionnelle de Miyazaki.

 

L’artiste se lance ensuite dans un manga, publié mensuellement dès 1982 : Nausicaä de la vallée du vent. La science-fiction est très à la mode à l’époque, après la sortie de Star Wars dans les années 1980. Malgré cette popularité, c’est un genre difficile à porter à l’écran en prise de vue réelle, avec les moyens techniques et financiers de l’époque. Les producteurs sont donc plus disposés à financer des films d’animation, qui rencontrent un nouveau public, constitué d’adolescents et de jeunes adultes. Nausicaä de la vallée du vent est une histoire futuriste dans un monde post-apocalyptique, que Miyazaki accepte d’adapter au cinéma en 1984. Le film est un succès. Les thèmes récurrents et prégnants dans l’œuvre de Miyazaki y sont naturellement présents : la dualité entre le choix d’une vie simple en symbiose avec la nature, et faire revivre la technologie d’antan. En somme, une alternative face à une nature qui reprend ses droits sur les excès de l’homme.

 

En 1985, le réalisateur désormais reconnu et ses compagnons Takahata et Kotabe acceptent de faire un nouveau long-métrage, mais ce sera avec leur propre studio : le Studio Ghibli. Le Chateau dans le ciel, paru au cinéma un an plus tard, rencontre un grand succès. Tous les bénéfices sont reversés dans la production du suivant, pour près d’un film tous les deux ans. Le studio repose de plus en plus sur les succès de Miyazaki qui fait vivre l’entreprise. Porco Rosso est leur premier grand succès commercial. Mon voisin Totoro, sorti peu avant, n’a en fait connu le succès qu’après-coup, lors de rediffusion à la télévision lorsque les productions du Studio Ghibli sont devenues populaires.

 

A l’origine de la création du Studio Ghibli, il faut savoir qu’à cette époque, dans le secteur de l’animation, les gens participant à un projet étaient en fait des free-lances, n’ayant aucun rattachement avec un studio en particulier, naviguant au gré des contrats. Ainsi, il n’était pas toujours possible pour un prochain film de mobiliser les mêmes personnes, qui étaient par ailleurs dans une situation précaire et incertaine. Le Studio Ghibli a ainsi été l’un des premiers studios à salarier les travailleurs de l’animation. La création d’un studio qui garde les mêmes personnes et les salarie, c’est à la fois plus pratique pour les producteurs qui peuvent garder auprès d’eux ceux qui travaillent bien, c’est aussi instaurer la stabilité et la sécurité pour les métiers de l’animation, cause à laquelle les fondateurs du studio sont attachés.

 

Princesse Mononoke paraît en 1997. Selon Miyazaki, c’est son chef d’œuvre. Il avait les bases de ce film depuis les années 1980, et c’est son succès qui lui a permis de réaliser ce projet en laissant libre-cours à son imagination. À 56 ans, travaillant depuis les années 1960, le temps est venu de prendre sa retraite. Miyazaki mit ainsi toute sa passion et toutes les idées qu’il voulait transmettre dans ce qu’il pense être son dernier film qui reste à l’affiche presque un an, et devient le long métrage le plus vu de l’histoire du Japon – cela avait longtemps été E.T., puis Titanic. C’est aussi le dernier film où l’artiste s’est autant investi en intervenant dans toutes les étapes de l’animation.

 

Cependant Miyazaki est revenu sur la scène. Ses films les plus connus ne sont venus qu’après, et le plus célèbre ne fut que le suivant, en 2001 : Le Voyage de Chihiro. Oscar, Ours d’or à Berlin… c’est avec ce film que Miyazaki accède à la reconnaissance internationale de son travail. Ses anciens films sortent en France, un musée Ghibli ouvre pour exposer les archives et le travail des animateurs. Toutefois, si les œuvres d’art sont éternelles, l’existence des génies ne permet pas de se passer d’une relève.

 

Chronos

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