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The Last of Us Part II

7 ans après The Last of Us, Naughty Dogs nous livre enfin la suite de son jeu de survie postapocalyptique. Une exclusivité PlayStation 4 attendue au tournant par les fans.

 

The Last of Us Part II est typiquement le genre de jeu qui a fait grimper le niveau d’attente. Tellement qu’il est difficile d’une certaine façon de ne pas être déçu du résultat. Le jeu sera pourtant encensé par la presse spécialisée à sa sortie. Il recevra en revanche un accueil plus mitigé de la part du public, un peu à l’image de Death Stranding. Tout le monde sera toutefois d’accord sur un point : il s’agit de l’un des plus beaux jeux jamais réalisés. Techniquement, The Last of Us Part II est ahurissant. Le jeu exploite parfaitement les capacités de la PS4 Pro. Naughty Dog prouve une fois de plus son incroyable talent, il est vrai non sans avoir causé polémique puisque le studio a été accusé d’abuser de ses équipes durant le développement du jeu.

 

 

Côté gameplay et univers, le constat est très différent. Tout d’abord parce que même si dans le fond, la recette n’évolue pas, The Last of Us Part II est très différent du premier volet. Le rythme y est plus lent, les développeurs ont fait le choix de poser leur intrigue, quitte à ce qu’on ne comprenne pas trop quel est le fil conducteur durant les premières heures de jeu. Mais surtout, nous ne retrouvons plus le duo de choc du premier opus. Ellie a grandi et n’est plus du tout l’enfant qu’on connaissait. Elle est une adolescente en colère, une petite bombe à retardement, pas franchement charismatique et plutôt déplaisante. Joel, qui était le véritable héros du premier volet, est complètement mis en retrait dans cette suite. Nous ne le croiserons que très brièvement. A la place, nous découvrons Dina, une autre adolescente avec qui Ellie s’engage dans une romance.

 

 

A l’inverse de The Last of Us premier du nom, The Last of Us Part II prend donc une direction très différente sur le plan narratif, avec un ton qui semble souvent s’adresser à une audience plus jeune. Les + de 25 ans auront parfois franchement du mal à s’identifier aux personnages. Difficile aussi de s’y attacher de façon générale, qu’il s’agisse d’Ellie, de Dina ou des autres personnages que l’on croisera. Il y a dans le jeu un paquet de personnalités totalement antipathiques, agaçantes ou juste inintéressantes. Paradoxalement, si son casting est plus jeune, le ton est beaucoup plus maîtrisé et le jeu se révèle très sombre et violent. Le sang coule à flots. Au point que dans certaines cut-scenes, il est difficile de garder les yeux rivés sur l’écran. Très clairement, il ne s’agit pas d’un jeu destiné à un jeune public. Et c’est là que le bât blesse, car le casting du jeu ne correspond tout simplement pas avec son audience.

 

 

The Last of Us Part II a également été pensé comme un slow-burn. Les développeurs ont pris leur temps pour introduire le fil conducteur du scénario. Chaque personnage est introduit proprement, les cut-scenes sont nombreuses et Naughty Dog prend soin de développer la psychologie de chacun et de nous révéler progressivement les intentions de chaque protagoniste. Côté mise en scène, il n’y a rien à redire, le studio s’est inspiré du cinéma Hollywoodien pour une mise en scène soignée, maitrisées soutenus par des angles de caméra travaillés, offrant un travail remarquable.

 

 

L’univers de The Last of Us est toujours aussi captivant avec ses survivants qui s’organisent en factions pour survivre, s’affrontent régulièrement tout en tentant de survivre aux attaques de zombies dans un monde brisé qui a renvoyé l’humanité plusieurs siècles en arrière. Naughty Dog réussi véritablement à solidifier son univers. Cependant, nous ressentons que le studio a intentionnellement tiré en longueur son récit, quitte à casser complètement son rythme.

 

 

Le jeu mélange les genres : survival horror, open-world, jeu d’action pur et jeu narratif, sans jamais maîtriser totalement aucun d’eux. La partie open-world du jeu est révélatrice de ce vilain défaut. Après 2 bonnes heures de jeu, nous découvrons la ville de Detroit, que nous pouvons explorer à dos de cheval. C’est l’occasion pour les développeurs de proposer des zones de jeu plus larges, qui contrastent avec les longs couloirs que l’on avait l’habitude d’emprunter précédemment, car de façon générale, le jeu est assez linéaire. La zone principale d’exploration de la ville est désespérément vide, servant uniquement à relier différentes zones de jeu, dans lesquelles nous retrouvons des phases d’infiltration/action et résolution d’énigmes. C’est un petit peu le même défaut qu’avait Gears of War 5, un autre triple-A qui introduisait lui aussi des zones semi-ouvertes désespérément vides mais visuellement très jolies. Autre point regrettable : l’infiltration.  L’I.A des ennemies reste minimaliste, et donc, le gameplay du jeu reste très simple dans l’ensemble. Heureusement, la diversité des séquences fait que l’intérêt du joueur est continuellement renouvelé. Les décors du jeu sont joliment variés, entre le centre-ville dévasté de Detroit, les paysages montagneux enneigés et les promenades dans une forêt luxuriante, le dépaysement est au rendez-vous.

 

 

Côté réalisation, en revanche, la spatialisation du son est excellente, les doublages de très haute qualité, les bruitages anxiogènes glacent le sang et les musiques accompagnent parfaitement la progression de l’aventure. Le jeu exploite parfaitement le potentiel de la PlayStation 4, offrant une direction artistique superbe, un level-design excellent, des modélisations des personnages s’approchant du photoréalisme, et des décors foisonnants de détails. Un joli tour de force de la part du studio américain, qui semble désormais parfaitement maîtriser tous les outils de développement de la machine.

 

 

Conclusion

Visuellement, le titre de Naughty Dog exploite à son plein potentiel les capacités de la PlayStation 4 Pro. C’est d’une beauté à couper le souffle, c’est fluide et la direction artistique très inspirée nous en met plein les yeux avec des panoramas absolument superbes. Si tout le monde s’accordera sur le fait qu’il s’agit d’une jolie réussite technique, le bilan est un peu plus mitigé en ce qui concerne le gameplay du jeu, qui mélange plusieurs genres sans réel maîtrise. La recette fonctionne toutefois très bien, malgré les ficelles très apparentes. Dans la continuité du premier épisode, The Last of Us Part II s’en distingue toutefois au niveau de sa narration, avec un scénario qui prend beaucoup plus de temps à se mettre en place, des passages qui traînent en longueur et un casting beaucoup plus jeune qui manque franchement de charisme. Des reproches nécessaires à souligner mais ne gâchant en rien l’énorme potentiel ludique du titre. Le jeu est divertissant de bout en bout, renforcé par une mise en scène cultiver par leur amour du cinéma Hollywoodiens.

 

Note : 8/10

Disponible le 19 juin 2020 sur PlayStation 4

 

 

Axeley, travaille dans la production d'un important fournisseur automobile depuis plusieurs années. Loin du travail, il s'évade avec les mangas, les animes et surtout les jeux vidéo. Il est aussi un grand collectionneur de figurine.

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